Perturbateurs endocriniens
Qu'est ce qu'un perturbateur endocriniens ?
Ce sont des composés chimiques qui imitent les hormones naturelles, leur permettant ainsi d’influencer le système endocrinien. On compte parmi leurs rangs des pesticides, les BPC, ainsi que les résidus d’anovulant excrétés dans l’urine des femmes qui les prennent.
D'où viennent-ils ?
Les perturbateurs endocriniens proviennent de l’agriculture, du secteur industriel, du secteur des pâtes et papiers ainsi que des égouts municipaux. L'augmentation de l’utilisation des contraceptifs oraux chez les femmes a mené à une augmentation fulgurante de ces molécules dans les cours d'eau. En effet, une partie de ce médicament n’est pas complètement absorbé par le corps humain, les hormones qu’il contient se retrouve dans l’urine et dans le réseau d’égout. Malheureusement, les bactéries utilisées pour la désinfection des eaux usées sont lentes à décomposer ces substances synthétiques. Elles se retrouvent donc directement dans le fleuve où elles interfèrent avec le système reproducteur des animaux y vivant.
Quels sont leurs impacts ?
En imitant les hormones naturelles, ces molécules perturbent le système endocrinien. Ce dernier est responsable de la communication entre les cellules. Entre autre, c’est lui qui déclenche le moment de la reproduction, ainsi que la croissance et le développement des foetus. Ces substances causent des problèmes de croissance et reproductif importants chez plusieurs espèces animales et même chez les humains.
Bref, en rendant la reproduction difficile, les perturbateurs endocriniens augmente le risque d'extinction des populations qui leurs sont exposées. Ceci est d’autant plus dramatique dans le contexte où les populations sont déjà soumises à différents stress environnementaux, tel que la dégradation des habitats, les changements climatiques ou l’exploitation (chasse et pêche)[2].
Le cas à Montréal
Les poissons les plus affectés se retrouvent généralement plus près des évacuateurs d’eau usées, tel que celui à l’est de l’île de Montréal, ou d’effluents industriels. Par exemple, à la sortie du point de rejet de l’effluent municipal de Montréal, jusqu'à 66 % des moules étaient devenues des femelles, alors qu’elles comptaient pour seulement 41 % en amont du point de rejet, la fréquence normale de femelles chez cette espèce (Gagné et al., 2004). Les ménés Queues à tâche noirs sont aussi fortement touchés par les perturbateurs endocriniens. Selon l’endroit, de 30 à 50 p. 100 sont devenues hermaphrodites, et les mâles affichent une diminution de leurs fonctions reproductrices[1].
Sources
[1] le Portrait global du Saint-Laurent (2008), p.30
[2] Francoeur, Louis-Gilles, Pollution - Mutations sexuelles chez les poissons du Saint-Laurent. La présence de substances oestrogènes dans l'eau pourrait affecter les humains, http://www.ledevoir.com/non-classe/47572/pollution-mutations-sexuelles-chez-les-poissons-du-saint-laurent, 16 février 2004
[3] Substances perturbatrices des systèmes endocriniens présentes dans l’environnement - Environnement Canada
[4] Initiative de recherche sur les substances toxiques - Environnement Canada
[5] Consequences of Xenoestrogen Exposure on Male Reproductive Function in Spottail Shiners (Notropis hudsonius)" par Jayaprakash Aravindakshan, Valérie Paquet, Mary Gregory, Julie Dufresne, Michel Fournier, David J. Marcogliese, and Daniel G. Cyr, publié dans la revue Toxicological Sciences, 2004, vol 78, p. 156-165.