L'accès au fleuve du Grand Montréal
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                                                                                                Les usines de traitement des eaux usées 


                                                                                                Les occupants du territoire du Comité ZIP Ville-Marie sont desservis par quatre usines de traitements des eaux usées. 

                                                                                                Île de Montréal

                                                                                                Depuis 1996, pratiquement toute la population de la région de Montréal est raccordée au réseau d’égouts municipal, quelques résidents (environ 600) seulement ont encore des fosses septiques individuelles dans l’ouest de l’île et sur l’île Bizard. Une grande station d’épuration, situé à Rivière-des-Prairies, collecte et traite toutes les eaux usées de l'île. Les travaux pour la construction de cette méga usine et du réseau de collecte ont duré 25 ans et ont nécessité des dépenses de 1,4 milliard de dollars[1]. C’est l’une des plus grandes en Amérique du Nord et se classe parmi les cinq plus grandes stations au monde.

                                                                                                L’usine de Montréal ne fait que le traitement primaire des eaux usées, alors que d’autres usines au Québec ajoute un traitement secondaire et même tertiaire à leurs eaux usées. À l’aide de différents traitements physico-chimique (le dégrillage, le dessablage et la floculation-décantation), une partie de la matière polluante se dépose dans le fond des bassins et forme des boues. L’eau restante est acheminée par un émissaire débouchant près de l’île aux Vaches, dans la voie maritime. À lui seul, ce traitement occasionne des dépenses de plus de 50 millions de dollars par année. Or, il ne réduit que « d’environ 80 % les charges de matières en suspension et de phosphore déversées au fleuve. Il ne permet toutefois pas d'éliminer adéquatement d'autres contaminants, tels les métaux lourds, les cyanures ou les composés phénoliques[2]. »

                                                                                                La ville de Montréal exige également que les industries qui rejettent leurs eaux dans le réseau municipale paient un permis et traitent leur eaux pour atteindre des standards que l’on retrouve dans le règlement 2008-47. Ceci permet de réduire la quantité de contaminants à traiter à la STEP.

                                                                                                Usine de traitement
                                                                                                (localisation)

                                                                                                Municipalités desservies

                                                                                                M3 d’eau traitée par jour

                                                                                                Type de traitement

                                                                                                Localisation de l’effluent

                                                                                                De Montréal
                                                                                                (Rivière-des-Prairies –
                                                                                                Pointe-aux-Trembles)

                                                                                                L’île de Montréal

                                                                                                2 500 000
                                                                                                à
                                                                                                7 600 000

                                                                                                Primaire

                                                                                                Chenal de navigation,
                                                                                                île aux Vaches

                                                                                                De Longueuil
                                                                                                (Île Charron)

                                                                                                St-Lambert
                                                                                                Boucherville
                                                                                                Brossard
                                                                                                Longueuil
                                                                                                Le Moyne
                                                                                                Saint-Hubert
                                                                                                Greenfield Park

                                                                                                300 000
                                                                                                à
                                                                                                447 000 

                                                                                                Primaire

                                                                                                Chenal de navigation,
                                                                                                île Charron

                                                                                                Sainte-Catherine
                                                                                                (Sainte-Catherine)

                                                                                                Sainte-Catherine
                                                                                                Delson
                                                                                                Candiac
                                                                                                La Prairie

                                                                                                 

                                                                                                Secondaire

                                                                                                Pied des rapides de Lachine

                                                                                                Kahnawake

                                                                                                La réserve de Kahnawake

                                                                                                 

                                                                                                Secondaire

                                                                                                Île Tekakwitha

                                                                                                Depuis le début des années 90, les réseaux sanitaires des municipalités du secteur de la Rive-Sud sont raccordés à deux stations de traitement des eaux usées : celle de Sainte-Catherine et celle du Centre d’épuration de la Rive-Sud (CÉRS).
                                                                                                Le Centre d’épuration de la Rive-Sud, situé sur l’île Charron, recueille et traite les eaux usées de sept municipalités de la Rive-Sud : trois sont situées à l’intérieur du territoire de la ZIP Ville-Marie (Brossard, Saint-Lambert et Longueuil), et quatre sont à l’extérieur (Boucherville, Le Moyne, Saint-Hubert et Greenfield Park). Mise en service par étapes depuis 1992, la station desser­vait en 1995 la totalité de la population de ces sept municipalités. Le traitement préconisé par le CÉRS est de type physico-chimique, semblable à Montréal, incluant des étapes de dégrillage, de dessablage et de décantation-floculation. Les eaux épurées sont rejetées dans le chenal de la Voie maritime, en aval de l’île Charron.

                                                                                                La Régie d’assainissement des eaux du bassin de La Prairie (RAEBL) est responsable de la gestion des eaux usées de cinq villes situées sur la rive sud de Montréal : Candiac, Delson, La Prairie, Sainte-Catherine et Saint-Constant. La population ainsi desservie est d’environ 75 000 habitants. La station d’épuration de Sainte-Catherine traite les eaux usées des municipalités de Sainte-Catherine, de Delson, de Candiac et de la majorité de la population de La Prairie depuis 1990. La station utilise un traitement par boues activées, c’est-à-dire un traitement biologique secondaire visant à réduire la charge organique des eaux usées. L’émissaire de la station est situé au pied des rapides de Lachine. L’usine de traitement des eaux usées exploitée par la Régie d’assainissement des eaux du bassin de La Prairie (RAEBL) produit annuellement 28 000 tonnes de boues.

                                                                                                La station d’épuration des eaux usées est une usine biologique à ciel ouvert qui produit des boues activées. Nous ne possédons pas de renseignements précis en ce qui a trait aux eaux usées de la réserve de Kahnawake. Toutefois, nous savons qu’une partie de la population est desservie par un réseau d’égouts raccordé à une station d’épuration dont l’émissaire débouche dans un site à ciel ouvert sur l’île Tekakwitha.


                                                                                                La contamination bactériologique

                                                                                                La station d’épuration de la Ville de Montréal et le Centre d’épuration des eaux de la Rive-Sud ne désinfectent pas leurs eaux usées.  Plusieurs polluants et pathogènes ne sont donc pas traités du tout. Les effluents qu’ils rejettent contribuent donc à une contamination bactériologique qui se fait sentir jusqu’au lac Saint-Pierre, 125 km en aval[3].

                                                                                                En 2008, la Ville de Montréal a annoncé un investissement de 200 M$ pour un système de désinfection à l'ozone à sa station d'épuration. Les premiers appels d’offre ont été fait en juin 2010.  Avant d'arrêter leur choix sur l'ozonation, les spécialistes ont mené depuis 2005 toute une série d'études avec leurs homologues de l'Environnement et des services fauniques québécois. Ils ont eu la surprise de constater que d'importantes mortalités de poissons sont survenues à la suite du traitement expérimental des eaux usées de Montréal avec des rayons ultraviolets. Rien de tel n'avait été noté en aval de l'émissaire avant que l'expérience ne débute et rien de tel ne s'est produit à la suite des tests réalisés avec l'ozone.

                                                                                                Les experts, qui ont analysé ces résultats, sont d'autant plus surpris que rien de tel n'a été constaté à la sortie des effluents des autres usines d'épuration du Québec, qui sont aussi dotées de puissantes lampes à ultraviolets pour stériliser les bactéries et virus présents dans leurs eaux usées. Certains spécialistes pensent que des produits industriels — les eaux usées de Montréal proviennent à 45 % de ses entreprises — ou des «polluants émergents» pourraient avoir réagi au contact des rayons UV pour produire des sous-produits inconnus qui auraient affecté radicalement le système immunitaire des poissons en aval de l'émissaire de l'île aux Vaches. Le mystère perdure.


                                                                                                Une chose est cependant certaine — et cela a pesé lourd dans le choix d'un procédé d'ozonation —, c'est que rien de tel ne s'est produit avec ce type de traitement. Au contraire, les tests auraient révélé que l'ozonation provoquait une diminution sensible des produits émergents, comme les médicaments, sans doute oxydés radicalement, donc décomposés chimiquement, par l'ozone.



                                                                                                Surverses

                                                                                                Comme plusieurs autres municipalités situées le long du fleuve, la majorité des égouts de Montréal et de la Rive-Sud sont unitaires : les eaux usées et les eaux de pluie sont combinés dans les mêmes tuyaux. De plus, à cause de l’imperméabilisation des surfaces et de la densité du réseau routier de la région, la quantité des eaux pluviales rejetées aux égouts est considérable. Lors de fortes pluies ou de la fonte des neiges, les usines de traitement des eaux usées ne sont pas en mesure de recevoir un aussi grand volume d’eau; le trop plein est alors directement déversé dans  les cours d’eau de Montréal.

                                                                                                Ce sont les ouvrages de surverses (plus de 162 sur l'Île de Montréal) qui permet aux eaux usées de s'écouler vers deux directions : le réseau d'égout principal ou le cours d'eau récepteur. En temps sec ou de faibles précipitations, les eaux usées s'écoulent entièrement vers le réseau d'égout principal avant d'atteindre la station d'épuration des eaux usées. En revanche, lors de pluies exceptionnelles une partie des eaux combinant des eaux de pluie et des eaux usées s'écoule vers le cours d'eau récepteur, c’est-à-dire le Fleuve Saint-Laurent au sud et la rivière des Prairies au nord.

                                                                                                Depuis quelques années, la Ville de Montréal possède un système de gestion en temps réel de ses collecteurs et intercepteurs qui permet de maximiser la capacité de rétention d’eau et de diminuer la fréquence des débordements par temps de pluie d’environ 20 %.

                                                                                                 
                                                                                                Les raccordements croisés

                                                                                                 Alors que les eaux usées et les eaux pluviales devraient utiliser des chemins différents, les unes vers la Station et les autres, non traitées, vers le fleuve, il s’avère que les branchements de plomberie ont été inversés à certains endroits où le réseau n’est pas unitaire. Les eaux usées d’une résidence empruntent donc le chemin de l’eau de pluie et sont directement déversées au fleuve. La ville de Montréal connaît en partie l’étendue du problème. En faisant des analyses de la qualité de l’eau en berge, elle est en mesure de cibler des zones où la qualité de l’eau rejetée est déficiente. Grâce à un échantillonnage d’eau à travers le réseau pluvial, il est possible d’identifier la source des rejets et ainsi identifier le ou les bâtiments fautifs(s).

                                                                                                 
                                                                                                Stratégie canadienne des eaux usées

                                                                                                On peut facilement constater que les eaux usées municipales représentent une source de pollution importante du Saint-Laurent sur le territoire de la ZIP de Ville-Marie; plusieurs infrastructures doivent être mises à niveau. Or, il n’y a pas présentement de normes provinciales sur la qualité des rejets d’eaux usées. Les objectifs de traitement sont spécifiques à chaque station d'épuration. La désinfection des eaux usées traitées doit être exigée lorsque la protection des usages du milieu récepteur le requiert et seulement durant les périodes de l’année où cette protection est nécessaire.

                                                                                                Afin d’uniformiser les normes régionales disparates au niveau canadien, le Conseil canadien des ministres de l’environnement (CCME) a élaboré une Stratégie pancanadienne pour la gestion des effluents d’eaux usées municipales. La stratégie a comme objectif d’harmoniser la gestion des rejets dans les 3 500 ouvrages d’eaux usées au Canada. La Statégie sera sans doute l’un des plus grands enjeux dans le domaine des eaux usées pour les prochaines années. L’application des nouvelles normes s’étendra sur une période de 30 ans. Les ouvrages à risque environnemental élevé devront se conformer aux normes de performance nationales en premier, puis les ouvrages à risque moyen et faible.

                                                                                                Sur 30 ans, le coût total de la mise en oeuvre de la Stratégie, y compris les dépenses en capital et autres, sera d’au moins 10 à 13 milliards de dollars, selon l’inflation. On estime qu’environ 50 % des dépenses seront engagées au cours des dix premières années et viseront principalement les ouvrages à risque élevé. Ces estimations initiales ne tiennent pas compte de tous les coûts de mise en oeuvre, notamment les sommes qui seront consacrées à la gestion des débordements d’égouts unitaires et à l’atteinte des objectifs environnementaux de rejet propres au site[4].

                                                                                                 Références

                                                                                                [1]Ville de Montréal, L’environnement à Montréal, [En ligne], http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=916,1607423&_dad=portal&_schema=PORTAL,

                                                                                                [2] Ibid


                                                                                                [3] Bureau d’audiences publiques en environnement, L’eau, ressource à protéger, à partager et à mettre en valeur, Montréal, 2003, p. 38.

                                                                                                [4] Conseil des ministres du CCME, le 17 février 2009, à Whitehorse, Stratégie pancanadienne pour la gestion des

                                                                                                effluents d’eaux usées municipales,
                                                                                                http://www.ccme.ca/assets/pdf/cda_wide_strategy_mwwe_final_f.pdf, p. 3

                                                                                                Create a free website with Weebly