Infrastructures et fuites
Au Québec, nous avons l'impression que l'eau est gratuite. Or, ce raisonnement est juste seulement en ce qui concerne l’eau dans son état naturel. Dès qu’elle est puisée, traitée, acheminée aux maisons, collectée, épurée et retournée dans la nature l’eau acquiert un coût. Cette fausse impression de gratuité est en partie imputable aux municipalités qui n’ont pas su au cours des années prendre
en compte ces coûts. Faute de données claires et complètes sur l'état de leurs réseaux ainsi que sur les travaux à entreprendre pour continuer de desservir adéquatement la population, les villes parviennent difficilement à établir le coût de l'eau et à charger un montant de taxes approprié. À Montréal, par exemple, l’entretien des infrastructures représente une tâche colossale : la ville dispose à elle seule d’environ 2700 km de conduites d'eau potable et de 2500 km de conduites d'eaux usées, soit un peu plus d’un aller-retour Montréal - Miami[1]. Depuis 2002, d’importants travaux de réhabilitation et de réfection du réseau sont en cours. Ces travaux dureront plusieurs années et exigeront des investissements de plusieurs milliards de dollars (évalué à 10 milliards de dollars sur 20 ans en 2005), afin de résorber les fuites qui étaient de l’ordre de 40% à 50% en 2002[2]. Après des investissements massif de la ville, ce pourcentage aurait régressé entre 30 et 40%. Néanmoins, la réparation de ces fuites permet à la ville de faire des économies lors du traitement des eaux usées, puisque ce surplus d’eau potable n’a plus à être traité à l’usine de traitement des eaux. C’est pourquoi la Ville prélève, depuis 2004, une taxe spéciale destinée spécifiquement à l’amélioration du service de l’eau : le Fond de l’eau. [1] Ville de Montréal, L’eau de Montréal, production de l’eau potable, distribution., [En ligne], http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=6497,54223591&_dad=portal&_schema=PORTAL. [2] Bureau d'audiences publiques en environnement, L’eau, ressource à protéger, à partager et à mettre en valeur, Ministère de l'Environnement, Montréal, 2003, p.31-32 |