La production et la consommation d’eau potable
L'alimentation en eau potable et la gestion des eaux usées sont sans nul doute une des plus importantes responsabilité des municipalités du Québec. À la suite de l'expansion urbaine durant le 19e et 20e siècle, les fréquentes pénuries d'eau ont amené les municipalités à prendre en charge le réseau de distribution, leur permettant ainsi de lutter contre les incendies et d'enrayer la propagation d'épidémies. À Montréal, le réseau municipal a vu le jour après le grand incendie de 1852. De nos jours, l'infrastructure des services d'aqueducs demeure de compétence publique. Le secteur privé participe tout de même à sa gestion par le biais de contrats pour le traitement de l’eau potable et usée, ainsi que pour la réfection infrastructure.
La qualité de l’eau potable
L’eau potable de Montréal comme de la Rive-Sud est d’excellente qualité. Le Règlement sur la qualité de l’eau potable, adopté en 2001 par le gouvernement du Québec, assure la protection de la santé publique en imposant des normes sévères. Les villes disposent d’équipes de spécialistes composées de chimistes, de microbiologistes et de techniciens qui contrôlent quotidiennement la qualité de l’eau. Par exemple, chaque année, les laboratoires des usines de filtration ainsi que les laboratoires privés, réalisent plusieurs dizaines de milliers d’analyses à la ville de Montréal[4].
Certains s’inquiètent de l’odeur de chlore de l’eau provenant des municipalités. Or, cette odeur est plutôt rassurante, car c'est le signe que l'eau n’est pas propice au développement de microorganismes pathogènes. Il est possible d’enlever une bonne partie du chlore présent dans l’eau en la conservant dans un pichet propre et fermé au réfrigérateur.
L’eau des municipalités peut aussi avoir une apparence blanchâtre. Or, cela n’a rien à voir avec sa qualité. Lorsque l’eau potable passe dans les canalisations elle emprisonne parfois beaucoup d’air. Une fois sortie du robinet, l’eau laisse échapper cet air sous forme de fines bulles.
L’eau embouteillée vs l’eau municipale
Ces dernières années, l’industrie de l’embouteillage a pris une ampleur considérable en Amérique du Nord. Selon les estimations de Beverage Marketing Corporation (BMC), cette industrie a généré un marché annuelle de 12 milliards US grâce à la ventes d'eau embouteillée. Recyc-Québec estime à 775 millions le nombre de bouteilles d'eau vendues par an au Québec, dont la moitié ne sont d’ailleurs pas recyclées. À première vue, il est pour le moins surprenant de constater l’émergence d’un telle marché pour une ressource disponible facilement et à faible prix. Par exemple, « pour le prix d’un litre d’eau embouteillée, soit environ 0,90 $, l’arrondissement du Vieux-Longueuil livre à votre domicile environ sept mille litres d’eau (0,12 $ par mille litres)[5] ». L’émergence de ce marché lucratif est en partie expliqué par le fait que la population croit que l’eau embouteillée est de qualité supérieure. D’ailleurs, 27% de la population croit qu’il est même assez ou très dangereux de consommer l’eau potable provenant du Saint-Laurent[6]. Quel est la réalité?
Les normes de qualité de l'eau embouteillée et de l'eau potable sont semblables. On retrouve généralement la même qualité d’eau dans les bouteilles que dans le robinet[7]. D’ailleurs, l’eau embouteillé provient souvent d’un réseau de distribution municipal, où un traitement à l’osmose inversé à été ajouté. Dans le cas où l’eau provient d’une autre source, il se pourrait même que l’eau municipale soit supérieur. En effet, dans un travail effectué pour le 110th Annual Meeting of American Society of Microbiologists à San Diego aux États-Unis, le laboratoire Ccrest de Montréal a analysé les bouteilles et contenants d’eau des épiceries. Ils sont arrivés à la conclusion que plusieurs produits contenaient des contaminants dans une proportion anormale et que 40% de ces produits ne seraient pas conformes à la norme United States Pharmacopeia (USP)[8].
La fluoruration de l’eau potable
Les deux usines de filtration de Dorval et de Pointe-Claire, ainsi que celle de La Prairie procèdent à la fluoration de l’eau, une pratique controversée dans les communautés environnementales et médicales. L’objectif derrière cet ajout est de réduire l’incidence de la carie dentaire. Les détracteurs de cette pratique acquisse qu’il s’agit d’un objectif louable, mais se questionne sur les impacts à long terme sur les humains et sur l’environnement. Plusieurs se questionnent également sur les réels bénéfices pour la santé de cette mesure. Les détracteurs soulignent également que moins de 1% de l’eau potable est utilisée pour la consommation humaine. Le restant de l’eau résidentielle étant utiliser pour la douche, la toilette et les électroménagers. C’est pour ces raisons que plusieurs estiment qu’une campagne de promotion de l’hygiène dentaire représenterait un investissement plus efficace.
Références
[4] Ville de Montréal, Contrôle de la qualité de l’eau, [En ligne], http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=6497,54223588&_dad=portal&_schema=PORTAL.
[5] Ville de Longueuil, L’eau potable... du fleuve au robinet, [En ligne], http://www.longueuil.ca/vw/asp/gabarits/Gabarit.asp?ID_CATEGORIE=923&ID_MESSAGE=6333&CAT_RAC=7.
[6] Léger Marketing. Le Saint-Laurent, Perceptions, Usages, Besoins en information.op. cit.
[7] Mddep
[8] Sonish Azam, Massimo Marino and Ali Khamessan, Safety in bottled water; bottled up or tapped out?, Montréal, Ccrest Laboratories 2010, rapport présenté au 110th General Meeting of the American Society for Microbiology, San Diego, accessible à http://ccrestlab.com/fr/documents/ASM2010PressReport.pdf