Les changements climatiques
Véritables mers intérieures et principale source du Saint-Laurent, les Grands Lacs semblent inépuisables. Pourtant, la réalité est surprenante : « Les eaux des Grands Lacs sont en majeure partie une ressource non renouvelable […]. Bien que le volume total des lacs soit énorme, en moyenne, moins de 1 pour 100 de l’eau des Grands Lacs est renouvelée chaque année[1] ». Héritage de la fonte des glaciers durant l’ère de la glaciation, les Grands Lacs sont davantage un immense plan d’eau qu’un véritable bassin versant. Il est donc nécessaire d’adopter une approche prudente dans la gestion de l’eau des Grands Lacs, car « lorsqu’on prend en compte tous les secteurs d’activité du bassin, il n’y a jamais de "surplus" d’eau dans le réseau des Grands Lacs[2]».
En considérant les différents scénarios des impacts du réchauffement climatique, la gestion commune du bassin versant des Grands Lacs sera ardue. Une baisse importante du niveau d’eau dans le port de Montréal pourrait subvenir. En effet, les modèles prédisent une augmentation de l’évaporation, de la température moyenne et de la consommation humaine : « Dans cette optique, l’application de modèles numériques simulant l’impact des températures plus élevées sur l’évaporation des Grands Lacs — source principale du fleuve Saint-Laurent — conduit à prévoir une baisse des niveaux et débits dans presque tous les scénarios de changements climatiques considérés[3] ». Selon un porte-parole d’Environnement Canada, il pourrait effectivement y avoir « de plus en plus de conflits potentiels entre des gens qui vont devoir se partager une ressource qui pourrait être de plus en plus rare si les modèles climatiques se concrétisent[4] ». L’équilibre entre les besoins socio-économiques des municipalités en amont et de celles en aval pourrait devenir ardu à assurer, car il est difficile de combler un manque d’eau en aval sans aggraver une situation déjà problématique en amont[5].
Références
[1] Ibid, p. 7.
[2] Ibid, section « Le niveau de l’eau du Saint-Laurent ».
[3] Jean-François Cantin et André Bouchard, L'évolution des niveaux et débits du fleuve, Service météorologique du
Canada région du Québec, Saint-Foy, Environnement Canada, 2002, p.7. Accessible à
http://www.planstlaurent.qc.ca/sl_obs/sesl/publications/fiches_indicateurs/niveaux_debits_2002_f.pdf
[4] Bureau d’audiences publiques en environnement, « Le niveau de l’eau du Saint-Laurent » dans L’eau, ressource àprotéger, à partager et à mettre en valeur, op. cit.
[5] Ibid, section 3.6.2.